Nouveautés

mercredi 21 août 2013

Interview de Céline Landressie

Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait d'interview et j'avais envie d'en faire une. Comme les précédentes, j'ai voulais interviewer un auteur que j'aime bien. 
J'ai tout de suite pensé à Céline Landressie, auteure de la saga Rose Morte. C'est pas la première fois que je vous le dis mais j'adore ça saga et j'apprécie beaucoup Céline. Je voulais donc vous faire découvrir Céline et sa saga à travers une petite interview.
Bonne lecture à tous.

Commençons par une rapide présentation de Céline : 

Nom : Céline Landressie
Principaux traits de caractère : Observatrice - Spontanée - Passionnée - Impétueuse
Métier(s) : maman à plein temps, depuis 3 ans
Roman(s) publié(s) et/ou à paraître : la Floraison (Rose Morte, tome 1) - Trois épines (Rose Morte, tome 2) - Rose Morte, tome 3, à paraître fin 2014
Anecdote(s) : Beaucoup trop ^^ !

Citation préférée : « Si l’amour n’était pas la plus noble des passions, on ne le prendrait pas pour excuse à toutes les autres »


C'est parti pour les questions : 


Parle-nous un peu de ta saga Rose Morte ? Un petit résumé pour  celles et ceux qui ne connaissent pas encore (erreur à réparer au plus vite pour ceux qui sont dans ce cas là lol).

C’est un exercice dans lequel je ne suis pas forcément très douée. Aussi, si tu veux bien me pardonner, je vais reprendre un résumé que j’ai écrit il y a peu.

Rose Morte est publié aux éditions de l’Homme Sans Nom. Il s’agit d’une saga fantastique sur toile de fond historique, baignée d’un romantisme crépusculaire rédigé dans la veine des romans des 18e et 19e siècles. Cette histoire vous mènera dans un univers sombre et dangereux, où les faux-semblants sont rois.

S’il me fallait résumer (très sommairement) l’esprit de cette saga, je dirais qu’elle se situe à la croisée des chemins entre Bram Stocker (Dracula) et Jane Austen (Orgueil & Préjugés). L’univers y est toutefois plus sombre, plus dense, plus violent aussi, et relève d’une interprétation du mythe qui m’est personnelle. Mais si vous aimez la vision « classique » de la créature de type vampirique, vous apprécierez sans doute l’univers que je dépeins.
Vous serez peut-être sensible à Rose Morte si vous prisez les récits mettant en relief la complexité des relations humaines. Car, pour moi, l’humain est au centre de tout. Ce pourquoi je m’attache autant à la psychologie des personnages.

Dans le premier opus, intitulé La Floraison, vous ferez connaissance avec une demoiselle de 28 printemps (soit une vieille fille, pour son époque !), dont les rêves d’indépendance et le fort tempérament la place au nombre des figures avant-gardistes de son temps, comme il y en eut à toutes les époques, comme le fut en son siècle la reine Élisabeth Ière d’Angleterre. Rose, puisque c’est ainsi qu’elle se fait appeler, est promise au même sort que toutes les femmes de son rang : le mariage. Et ce avec n’importe quel gentilhomme qui voudrait bien se satisfaire de sa dot, ainsi que de sa condition de fille d’aristocrate exilé. Un destin que Rose est déterminée à éviter. En vous attachant aux pas de cette jeune femme éprise de liberté, vous découvrirez peu à peu un univers bien plus dangereux que le monde mortel...

Ce que je peux vous dire du second volume, baptisé Trois épines, sans gâcher la surprise, est que le rythme vous semblera sensiblement différent. C’est tout à fait voulu. Le monde que je narre n’est pas figé, pas plus que les personnages qui le composent. La découverte de l’univers ayant été relatée dans le premier tome, ce volume-ci entre plus rapidement au cœur du sujet.

Qu’as-tu ressentie la première fois que tu as tenu le premier tome de ta saga dans les mains ?

J’imagine qu’en tenant l’objet livre d’un premier roman, tous les auteurs doivent passer par la même succession d’émotions : joie, incrédulité, gratitude, fierté. C’est un grand moment de tenir son livre entre les mains. Et si évidemment, la première fois est la plus mémorable, les fois qui suivent ne sont pas moins riches en bonheur ^^ !

Tu as un style assez soutenu et qui colle parfaitement avec les périodes de tes tomes (style que j’adore au passage). Vu qu’actuellement le contexte est plutôt à la vulgarisation et à la simplification au maximum du texte d’un livre, pourquoi avoir fait ce choix ?

Parce qu’il n’est pas nécessaire d’être exagérément simpliste pour être facile d’accès. On peut écrire un texte tout à la fois riche et fluide. En tous cas, c’est ce que je m’efforce de faire. La langue française est variée et belle. Je déplore qu’il puisse être préféré la laisser s’appauvrir plutôt que d’encourager à son maniement. J’y vois une forme de nivellement par le bas qui me soucie, et m’attriste. Car il me semble qu’en cherchant la simplification à tout crin, il n’y a pas que le vocabulaire que l’on rabote, mais aussi la profondeur du texte. S’en tenir à un champ lexical lambda, voire restreint, c’est réduire d’autant les subtilités exprimables. Choisir d’utiliser « éberlué » plutôt que « étonné » n’est pas un effet de manche. Par le choix du vocabulaire, on diffuse quantité de nuances qui seraient imperceptibles autrement. Les mots ont un sens, et souvent ce sens possède de subtiles variations nécessaires pour saisir toutes les informations dont vos yeux et vos oreilles ne peuvent être témoins. La psychologie d’un récit passe par le juste choix des mots.

Mais peut-être aurais-je dû commencer par situer ce que j’estime être «simpliste » ? Je n’ai pas d’extrait en tête, pour être honnête. En revanche, je peux donner un contre-exemple. Prenons les textes de Stephen King (mon auteur favori) : ils sont modernes, fluides, faciles à suivre, ne présentent pas de vocabulaire compliqué, mais ils ne sont absolument pas simplistes, ni dans leur construction, ni dans le propos qu’ils développent.
La richesse d’un texte est autant dans le sens de la formulation, de la narration, et dans la réflexion qui sous-tend l’histoire narrée que dans le choix du vocabulaire. C’est un savant mélange. Il en existe autant de variations intéressantes que de bons auteurs :)

Pour finir, je ne me voyais pas développer autant d’efforts sur le fond (les recherches historiques) si c’était pour négliger la forme. Lorsque l’on prétend situer son récit dans une époque passée, à mon sens il faut essayer de rendre l’ambiance par les différents moyens à notre portée. Dans le premier tome, vieillir un peu ma plume me paraissait nécessaire pour rendre plus palpable cette époque désuète, et de ce fait amener le lecteur à percevoir davantage le carcan social pesant sur l’héroïne.

Même style de question que la précédente mais, depuis quelques années, nous sommes plutôt dans une période où les vampires sont revisités (et ressemblent plus à des boules disco qu’autre chose), pourquoi avoir fait le choix de revenir aux sources ?

Ma «culture personnelle » (si j’ose dire) du mythe vampirique ne m’a jamais menée vers les voies suivies ces dernières années. J’y suis totalement étrangère, et n’ai découvert cette tendance qu’une fois quasiment arrivée au terme de la rédaction du premier tome de Rose Morte. Une surprise… pas nécessairement agréable. Je suis aux antipodes de cette littérature plutôt jeunesse, ou jeune adulte, aussi me suis-je figurée que j’aurais vraiment beaucoup de mal à trouver un éditeur, sans parler d’espérer rencontrer un public. Mais les éditions de l’Homme Sans Nom ont laissé sa chance à ce texte. Depuis, nous avons pu constater que le lectorat est beaucoup plus ouvert et curieux que ce que certains choix éditoriaux peuvent parfois nous laisser croire. J’en suis tout à fait enchantée :)

Pour en revenir à la question, on peut affirmer que je ne suis pas « revenue » aux sources, mais plutôt que je n’en suis jamais partie. La littérature vampirique, ainsi qu’elle est initialement définie, est très ancienne. Elle a connue son premier essor à la fin du XIXe siècle, notamment à travers les fameux écrits de Bram Stocker. Mais cette vague ne se limita pas au seul Dracula. Il y eut d’autres auteurs pour se pencher sur les légendes vampiriques, ou assimilées. Par exemple, pour ma part, je vois dans le Ligeia d’Edgar Allan Poe une des multiples interprétations de la créature vampirique… En matière de fantastique, je me sens plus d’affinités avec les écrivains de la fin XIXe (bien que je n’aie aucunement la prétention d’en partager le talent) qu’avec les auteurs contemporains.

L’histoire est très présente dans tes romans, tu as donc du faire un gros travail de recherche pour être parfois si précise. As-tu passé plus de temps à faire des recherches pour être au point qu’à écrire tes romans ?

Non, l’écriture en elle-même reste la partie la plus longue (enfin, pour le moment). Cependant, j’ai chaque fois passé plusieurs mois le nez plongé dans des ouvrages divers (6 mois pour la Floraison, environ 4 mois pour Trois épines). Cela ne compte pas les journées qui s’insèrent au beau milieu de la phase d’écriture, pour essayer de dénicher tel ou tel détail, ou de recouper certaines choses.
Pour le tome à venir, j’ai déjà effectué le plus gros des recherches, mais je n’ai pas terminé. Puis, il va me falloir en reprendre une bonne partie car les aléas de la vie m’ayant empêché de travailler depuis plusieurs mois (un an, en vérité), je vais devoir me rafraîchir la mémoire. Bien sûr, je prends des notes, cependant ce ne sont que des rappels. Pour mieux appréhender l’époque, il est préférable que je sois « dans l’ambiance ».

Petit détour sur les couvertures (des petites merveilles surtout la seconde je trouve), as-tu donné des indications (précises ou non) sur ce que tu voulais ou bien as-tu laissé Magali Villeneuve faire ce qu’elle ressentait ?


Question très intéressante ! En effet, les couvertures de la saga sont de véritables joyaux. Je mesure ma chance d’avoir pareille artiste à la réalisation ! Combien de fois ai-je entendu qu’untel ou unetelle était venu vers le livre grâce à ces superbes illustrations ? J’avais déjà conscience de l’importance dramatique d’une couverture bien avant d’envisager que ce livre serait un jour publié. Ce furent ces considérations qui me guidèrent lorsque mon éditeur m’a demandé si j’avais une indication pour la réalisation de la couverture de la Floraison.
J’en avais une, oui, mais je n’avais absolument pas l’intention de la formuler. Pourquoi ? Parce qu’être illustrateur cela ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de savoir peindre, il faut aussi savoir penser une couverture qui accrochera l’œil du passant tout en mettant sur le devant de la scène un élément issu de (et en adéquation avec) le livre. Car c’est bien cela le nerf de la guerre : amener le lecteur jusqu’au livre. Non pas fournir à l’auteur la représentation de ses rêves (quand bien même les illustrateurs se donnent beaucoup de mal pour satisfaire à ces deux exigences).

Magali Villeneuve et Alexandre Dainche, illustrateurs pour les éditions HSN, excellent dans l’art de transmettre à la fois une ambiance et un univers par le seul vecteur d’une couverture. Lorsque j’ai appris que Magali réaliserait la couverture de La Floraison, je n’avais rien besoin de savoir de plus. Je savais que sa « patte » se marierait très naturellement avec l’univers de Rose Morte. J’ai donc fait de mon mieux pour lui donner les informations dont elle avait besoin pour travailler, et ce fut tout. J’avais confiance. C’est son métier, elle l’exécute parfaitement. La dernière chose dont cette future couverture (et par ricochet, ce livre) avait besoin était que je mette mon grain de sel de profane…
La suite des événements a prouvé que la laisser gérer était bien la chose à faire, puisque je n’aurais pu imaginer illustration (et charte graphique) plus somptueuse que celle qui me fut proposée, ni plus en cohérence avec l’univers du roman, ou avec la psychologie du personnage représenté.
De surcroît, il s’est avéré que l’inspiration de Magali avait rejoint ma vision personnelle : une couverture, un personnage. Que pouvais-je demander de plus ?

Depuis, la couverture de Trois épines a vu le jour exactement selon la même façon de procéder, et à donner le même époustouflant résultat. Il en ira de même avec les couvertures suivantes, sans l’ombre d’un doute ^^ !

As-tu d’autres idées de romans qui germent dans ton esprit que tu aimerais développer ?

Oui, j’ai eu plusieurs idées de roman fantastique « one-shot » depuis que j’ai commencé la saga. Dont une qui me vint en regardant évoluer la blogosphère… On verra si j’ai l’opportunité de les développer. Je l’espère, évidemment, mais la route est encore longue et surtout très incertaine avant de pouvoir commencer à y songer.

Ta manière de travailler tes romans est-elle la même pour chaque tome ou bien travailles-tu de façon différente sur chaque tome ?

Je travaille rigoureusement de la même façon, quoique que j’écrive. C’est un processus plutôt ritualisé, je dois dire. C’est probablement pourquoi je ne peux pas écrire n’importe où, n’importe quand.

Quel personnage as-tu préféré créer dans Rose Morte ? Et celui qui te ressemble le plus ?

J’ai toujours un peu de mal à me dire que j’ai « créé » les personnages. Car pour aucun d’eux je n’ai appliqué de processus actif de création. Je ne me suis pas posée devant une feuille en me disant : « Bon alors… il me faut un personnage masculin… Quels traits de caractère serait-il bien qu’il ait ? ». Les personnages, tous autant qu’ils sont, me venus tel quel. J’irais même jusqu’à dire que j’ai appris (et apprend encore) à les connaître en narrant leurs aventures. J’ai évidemment une perception nette de ce qu’ils sont, ont été, et deviendront… mais ils ne cessent pourtant jamais de se révéler. C’est ce qui est si passionnant :)
C’est aussi pourquoi je n’ai pas de préférence. J’aime énormément, et de façon égale, les quatre personnages principaux.

Néanmoins… je dois admettre que j’ai un « chouchou » parmi ce quatuor. Un personnage  qui, sans m’être plus cher que les trois autres, m’amène au cœur un petit pincement supplémentaire. Sans doute car c’est de lui que je me sens le plus proche. Ce personnage, c’est le prince Vassili Golitsyne.

Quant à celui qui me ressemble le plus… Question délicate. Il y a un peu de moi dans tous ces êtres chimériques, il me semble. Toutefois, je suppose que celui qui me ressemblerait le plus serait lady Rose. Ce qui ne signifie pourtant pas que je m’identifie à elle (cf. ci-dessus).

Quand t’es-tu décidée à partager ton écriture avec des lecteurs et donc à envoyer ton manuscrit à des maisons d’éditions?

Les deux sont venus simultanément. Je vous épargne le couplet sur le thème « j’ai toujours eu envie d’écrire », il a beau être vrai, il n’en serait pas moins redondant. Le fait est qu’à un moment donné, ma vie à pris un tournant majeur et m’a présenté l’opportunité de tenter l’aventure. Je me suis donc lancée dans l’écriture de ce qui se révéla rapidement être une saga… J’ai poursuivi sans réellement savoir si j’allais ou non essayer d’être éditée, ne sachant pas ce que vaudrait le texte au final. Cependant, cela ne m’a pas empêchée de travailler comme si j’allais bel et bien le présenter ; c’est-à-dire avec le plus grand sérieux.
Je suis très exigeante envers moi-même, c’est aussi pourquoi j’ai besoin de beaucoup de temps pour travailler. Je suis pointilleuse (perfectionniste, disent mes proches ^^’). Il m’a fallu un an et demi pour écrire le premier tome. À ce stade, j’estimai avoir un texte présentable. Puis, mon époux m’avait convaincue de me lancer. J’ai donc envoyé le manuscrit à des amis pour une première lecture, et ai commencé dans le même temps à préparer un manuscrit pour envoi à diverses maisons d’édition.

Si tes livres étaient une (ou plusieurs) musique(s), quelle(s) serai(en)t-elle(s) ?

De nombreux titres sont liés à mon univers, et à mes personnages. Je vais retenir tâcher de seulement deux musiques qui, selon moi, résumeraient au mieux l’esprit de chacun des tomes :

Pour La Floraison, je dirais La Serenissima de Rondo Veneziano, ainsi que Je te rends ton amour de Mylène Farmer.

Pour Trois épines, les titres qui selon moi le représenteraient le mieux seraient Burn It Down de Linkin Park, et J’en rêve encore de Gerald De Palmas.

Et pour Flétrissures, le tome en cours d’écriture ((tadaaaaam ! exclu ^^ !), ce serait Furious Angel de Rob Dougan, ainsi que Behind the Wheel de Depeche Mode.

Es-tu plus stressée pour la sortie de la suite de ta saga que pour le premier tome ?

Considérablement plus. Probablement car il s’est écoulé une année complète entre l’achèvement de l’écriture de ce tome et sa parution. C’est un très long délai, que j’ai passé dans d’assez désagréables conditions. Lesquelles conditions m’ont de surcroît empêchée de me consacrer à l’écriture du tome trois. L’attente s’est donc effectuée sans pouvoir bénéficier du halo de paix et de rêverie que procure l’écriture du livre suivant. Rigoureusement tout a concouru pour que l’attente soit pénible, et la sortie de ce second tome angoissante.

Je croise les doigts pour que désormais tout se passe bien, et n’aie plus qu’une hâte : avoir enfin la latitude de me plonger corps et âme dans le tome suivant, pour oublier un peu tout ce stress ^^’

As-tu été surprise de ce que pensent les lecteurs de tes deux tomes parus ? Quelles ont été les réactions qui t’ont le plus touchées ?

Se lancer dans l’aventure littéraire est un tel parcours du combattant que je suis toujours surprise des témoignages enthousiasmés qui peuvent me parvenir. Ce pourquoi il m’est difficile de faire un choix parmi eux pour désigner les plus émouvants, car tous le sont à mes yeux.
Mais s’il me faut vraiment me prononcer, je dirais qu’apprendre que les mots que l’on a écrits ont placé des larmes d’une sincère émotion dans les yeux d’un lecteur est un instant d’une grande intensité. Aussi, le fait d’entendre parler des personnages qui sont nés sous votre plume avec une vraie passion, ou bien encore constater que ce que vous avez essayer de faire passer a en effet été compris, sont des moments particulièrement beaux.

Excepté le plaisir de la lecture, qu’aimerais-tu que le lecteur retienne de ton livre ?

Que les relations humaines sont aussi primordiales qu’extrêmement compliquées. Pour essayer de comprendre ceux qui nous entourent, et a fortiori les gens qui comptent pour nous, il faut à minima être capable de beaucoup d’attention.
C’est ce que j’aimerais que les gens retiennent : soyez attentif à ce(ux) qui vous entoure(nt).

Y a-t-il des personnes dont le soutien a été particulièrement marquant dans ton parcours ?

Oui, plusieurs, en fait. La première personne est mon mari. S’il n’avait pas cru en ce projet, je ne me serais pas lancée. Depuis, son regard avisé et sa perception très fine de ce que j’essaye de faire passer dans ces romans est un grand soutien, dont je ne saurais me passer une seconde.

L’autre personne dont l’aval fut déterminant pour moi est ma tante. Elle est professeure de français, est très expérimentée en plus d’être excellente pédagogue. Je la sais également fort exigeante en matière de Lettres. Recevoir sa bénédiction fut pour moi un grand moment. Sans parler du temps qu’elle m’a consacré en acceptant de me relire, en dépit de son planning surchargé.

Puis, avec le début de l’aventure éditoriale, j’ai eu la chance de rencontrer Magali. Une femme véritablement exceptionnelle, « particulièrement marquante » pour moi, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel.

J’ai également fait la connaissance de Laetitia. Un monument de gentillesse, d’altruisme, dont l’enthousiasme débordant, la générosité et le soutien infaillible ont été un vrai bol d’air au fil des mois écoulés.

Pour tout dire, je n’envisage pas la suite des événements sans ces regards bienveillants au-dessus de mon épaule :)

Es-tu une grande lectrice ? Quel genre de livre lis-tu ?

J’étais une grande lectrice. Je n’en ai plus le temps. Hormis les livres que je parcours pour l’élaboration du contexte historique de la saga, je n’ai presque pas l’opportunité de lire pour le plaisir, à mon grand désarroi. J’ai pourtant des livres empilés sur ma table de chevet ^^’ !

Sinon, je suis susceptible de m’intéresser à n’importe quel ouvrage pour peu que son thème m’accroche. Je lis plus volontiers du fantastique, qui est mon genre de prédilection, mais la littérature de l’imaginaire dans son ensemble m’attire. J’ai un peu plus de mal avec la Science-fiction, toutefois. J’en ai lu, mais peu.
Je lis aussi des romans policiers (en ce domaine, mon auteur fétiche est Agatha Christie, de qui j’ai lu une trentaine de titres), ainsi que des biographies ou autobiographies.

Qu’est ce qui te plait le plus dans les rencontres avec tes lecteurs ? Et que t’apportent-elles ?

Rencontrer ses lecteurs en salon est une expérience vraiment particulière, et captivante. Il y a du merveilleux à s’entendre dire que l’on est venu vous voir, vous, parce que l’histoire que vous avez narré a su toucher. C’est immense, magique, et extrêmement émouvant. Et ce rigoureusement à chaque fois, car chaque rencontre est unique ; qu’elle se fasse en salon, ou de façon plus immatérielle, tel que par le biais d’internet.

Il est bien sûr des rencontres plus marquantes que d’autres. Je songe notamment à Marion, à Victoria, Marie et Audrey, à « Elisabeth » et Vanessa, à Lydie et Élodie, à Isabelle…
Cela peut sembler beaucoup de noms, mais pourtant le fait est que j’ai eu le bonheur de faire la connaissance des personnes charmantes, dont les chaleureux témoignages m’ont beaucoup touchée.

Quelles sont tes prochaines rencontres avec tes lecteurs ?

Je n’ai pas la possibilité de me déplacer beaucoup, malheureusement. Pour le moment, rien n’est prévu avant les lointaines Imaginales 2014.
Si d’autres salons ou séances de dédicace se présentaient d’ici là, je le ferai savoir via la page facebook et le blog de la saga :)

Quel est ton mot préféré ? (je sais c’est bizarre comme question mais je l’ai entendu dans la grande librairie et elle m’avait interpelée)

Non, non, c’est très bien senti au contraire ! Voyons... je dirais : empathie.
Parce que d’une manière générale, la société manque beaucoup trop d’empathie. Face à une situation donnée (et ce quelque soit la manière dont est présentée cette situation), on a tendance à poser sur les choses un regard froid, impersonnel, dépourvu de toute dimension affective. On ne se projette pas dans la réalité de l’autre, acteur de cette scène que l’on contemple. On ne réfléchit pas à ce que cet autre ressent, ou à ce qu’il a fait, vu, enduré, avant d’en arriver à cette situation. On ne se demande pas comment ce qu’il traverse va impacter sa vie. On évacue totalement le contexte matériel et psychologique pour ne retenir qu’une vision si indifférente qu’elle en devient quasiment  sociopathe (ce qui est tout de même un comble).

Il est de coutume de prétendre que l’homme est « un animal social ». Eh bien, j’ai comme l’impression qu’il serait grand temps qu’il s’en souvienne…
                                                                    
Quelle question qui ne t’a jamais été demandée aimerais-tu qu’on te pose ? Répond à cette question.

J’ai cherché, mais rien ne m’est venu. Peut-être parce que cette interview est déjà complète ! J’ai passé un très bon moment en y répondant. Merci beaucoup :)

Quels sont tes projets à venir concernant ta saga ou d’autres écrits ?

Je caresse l’idée d’un spin-off ou deux ; dont un qui s’attacherait notamment aux pas d’Adelphe…

Je verrais bien aussi la saga s’étendre très légèrement, ce qui me permettrait de mener l’histoire jusqu’au point au-delà duquel je n’aurais probablement rien à ajouter.

Je ne saurais dire lesquelles de ces idées seront concrétisées, à terme. J’espère de tout cœur qu’elles le seront toutes, bien entendu, mais seul l’avenir dira si cette saga aura ou non le privilège d’avoir assez de lecteurs enthousiastes pour lui permettre d’aller aussi loin ^^’ !


Merci à toi Céline d'avoir pris le temps de répondre aux questions. Et pour ceux qui n'ont pas encore lu, foncez vous procurer le premier tome par (et par la même occasion découvrir les autres titres de cette maison d'éditions).  


4 commentaires:

  1. tant que je l'aurai pas lu tu me tenteras hein ! lol
    une jolie interview en tout cas :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est ça je lâcherais pas mon morceau lol
      :)

      Supprimer
  2. rien que de lire cette interview me replonge dans les émotions de la lecture des deux tomes.
    Bordel de merde, ce que je peux aimer Céline de tout mon petit coeur <3

    Merci pour cette interview partagée Lydie :)

    Cali

    RépondreSupprimer
  3. C'est ce que je lui ai dis aussi, en lisant son interview j'avais l'impression de lire Rose Morte :)

    RépondreSupprimer

Social Icons

Featured Posts

Social Icons

Interview de Céline Landressie

Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait d'interview et j'avais envie d'en faire une. Comme les précédentes, j'ai voulais interviewer un auteur que j'aime bien. 
J'ai tout de suite pensé à Céline Landressie, auteure de la saga Rose Morte. C'est pas la première fois que je vous le dis mais j'adore ça saga et j'apprécie beaucoup Céline. Je voulais donc vous faire découvrir Céline et sa saga à travers une petite interview.
Bonne lecture à tous.

Commençons par une rapide présentation de Céline : 

Nom : Céline Landressie
Principaux traits de caractère : Observatrice - Spontanée - Passionnée - Impétueuse
Métier(s) : maman à plein temps, depuis 3 ans
Roman(s) publié(s) et/ou à paraître : la Floraison (Rose Morte, tome 1) - Trois épines (Rose Morte, tome 2) - Rose Morte, tome 3, à paraître fin 2014
Anecdote(s) : Beaucoup trop ^^ !

Citation préférée : « Si l’amour n’était pas la plus noble des passions, on ne le prendrait pas pour excuse à toutes les autres »


C'est parti pour les questions : 


Parle-nous un peu de ta saga Rose Morte ? Un petit résumé pour  celles et ceux qui ne connaissent pas encore (erreur à réparer au plus vite pour ceux qui sont dans ce cas là lol).

C’est un exercice dans lequel je ne suis pas forcément très douée. Aussi, si tu veux bien me pardonner, je vais reprendre un résumé que j’ai écrit il y a peu.

Rose Morte est publié aux éditions de l’Homme Sans Nom. Il s’agit d’une saga fantastique sur toile de fond historique, baignée d’un romantisme crépusculaire rédigé dans la veine des romans des 18e et 19e siècles. Cette histoire vous mènera dans un univers sombre et dangereux, où les faux-semblants sont rois.

S’il me fallait résumer (très sommairement) l’esprit de cette saga, je dirais qu’elle se situe à la croisée des chemins entre Bram Stocker (Dracula) et Jane Austen (Orgueil & Préjugés). L’univers y est toutefois plus sombre, plus dense, plus violent aussi, et relève d’une interprétation du mythe qui m’est personnelle. Mais si vous aimez la vision « classique » de la créature de type vampirique, vous apprécierez sans doute l’univers que je dépeins.
Vous serez peut-être sensible à Rose Morte si vous prisez les récits mettant en relief la complexité des relations humaines. Car, pour moi, l’humain est au centre de tout. Ce pourquoi je m’attache autant à la psychologie des personnages.

Dans le premier opus, intitulé La Floraison, vous ferez connaissance avec une demoiselle de 28 printemps (soit une vieille fille, pour son époque !), dont les rêves d’indépendance et le fort tempérament la place au nombre des figures avant-gardistes de son temps, comme il y en eut à toutes les époques, comme le fut en son siècle la reine Élisabeth Ière d’Angleterre. Rose, puisque c’est ainsi qu’elle se fait appeler, est promise au même sort que toutes les femmes de son rang : le mariage. Et ce avec n’importe quel gentilhomme qui voudrait bien se satisfaire de sa dot, ainsi que de sa condition de fille d’aristocrate exilé. Un destin que Rose est déterminée à éviter. En vous attachant aux pas de cette jeune femme éprise de liberté, vous découvrirez peu à peu un univers bien plus dangereux que le monde mortel...

Ce que je peux vous dire du second volume, baptisé Trois épines, sans gâcher la surprise, est que le rythme vous semblera sensiblement différent. C’est tout à fait voulu. Le monde que je narre n’est pas figé, pas plus que les personnages qui le composent. La découverte de l’univers ayant été relatée dans le premier tome, ce volume-ci entre plus rapidement au cœur du sujet.

Qu’as-tu ressentie la première fois que tu as tenu le premier tome de ta saga dans les mains ?

J’imagine qu’en tenant l’objet livre d’un premier roman, tous les auteurs doivent passer par la même succession d’émotions : joie, incrédulité, gratitude, fierté. C’est un grand moment de tenir son livre entre les mains. Et si évidemment, la première fois est la plus mémorable, les fois qui suivent ne sont pas moins riches en bonheur ^^ !

Tu as un style assez soutenu et qui colle parfaitement avec les périodes de tes tomes (style que j’adore au passage). Vu qu’actuellement le contexte est plutôt à la vulgarisation et à la simplification au maximum du texte d’un livre, pourquoi avoir fait ce choix ?

Parce qu’il n’est pas nécessaire d’être exagérément simpliste pour être facile d’accès. On peut écrire un texte tout à la fois riche et fluide. En tous cas, c’est ce que je m’efforce de faire. La langue française est variée et belle. Je déplore qu’il puisse être préféré la laisser s’appauvrir plutôt que d’encourager à son maniement. J’y vois une forme de nivellement par le bas qui me soucie, et m’attriste. Car il me semble qu’en cherchant la simplification à tout crin, il n’y a pas que le vocabulaire que l’on rabote, mais aussi la profondeur du texte. S’en tenir à un champ lexical lambda, voire restreint, c’est réduire d’autant les subtilités exprimables. Choisir d’utiliser « éberlué » plutôt que « étonné » n’est pas un effet de manche. Par le choix du vocabulaire, on diffuse quantité de nuances qui seraient imperceptibles autrement. Les mots ont un sens, et souvent ce sens possède de subtiles variations nécessaires pour saisir toutes les informations dont vos yeux et vos oreilles ne peuvent être témoins. La psychologie d’un récit passe par le juste choix des mots.

Mais peut-être aurais-je dû commencer par situer ce que j’estime être «simpliste » ? Je n’ai pas d’extrait en tête, pour être honnête. En revanche, je peux donner un contre-exemple. Prenons les textes de Stephen King (mon auteur favori) : ils sont modernes, fluides, faciles à suivre, ne présentent pas de vocabulaire compliqué, mais ils ne sont absolument pas simplistes, ni dans leur construction, ni dans le propos qu’ils développent.
La richesse d’un texte est autant dans le sens de la formulation, de la narration, et dans la réflexion qui sous-tend l’histoire narrée que dans le choix du vocabulaire. C’est un savant mélange. Il en existe autant de variations intéressantes que de bons auteurs :)

Pour finir, je ne me voyais pas développer autant d’efforts sur le fond (les recherches historiques) si c’était pour négliger la forme. Lorsque l’on prétend situer son récit dans une époque passée, à mon sens il faut essayer de rendre l’ambiance par les différents moyens à notre portée. Dans le premier tome, vieillir un peu ma plume me paraissait nécessaire pour rendre plus palpable cette époque désuète, et de ce fait amener le lecteur à percevoir davantage le carcan social pesant sur l’héroïne.

Même style de question que la précédente mais, depuis quelques années, nous sommes plutôt dans une période où les vampires sont revisités (et ressemblent plus à des boules disco qu’autre chose), pourquoi avoir fait le choix de revenir aux sources ?

Ma «culture personnelle » (si j’ose dire) du mythe vampirique ne m’a jamais menée vers les voies suivies ces dernières années. J’y suis totalement étrangère, et n’ai découvert cette tendance qu’une fois quasiment arrivée au terme de la rédaction du premier tome de Rose Morte. Une surprise… pas nécessairement agréable. Je suis aux antipodes de cette littérature plutôt jeunesse, ou jeune adulte, aussi me suis-je figurée que j’aurais vraiment beaucoup de mal à trouver un éditeur, sans parler d’espérer rencontrer un public. Mais les éditions de l’Homme Sans Nom ont laissé sa chance à ce texte. Depuis, nous avons pu constater que le lectorat est beaucoup plus ouvert et curieux que ce que certains choix éditoriaux peuvent parfois nous laisser croire. J’en suis tout à fait enchantée :)

Pour en revenir à la question, on peut affirmer que je ne suis pas « revenue » aux sources, mais plutôt que je n’en suis jamais partie. La littérature vampirique, ainsi qu’elle est initialement définie, est très ancienne. Elle a connue son premier essor à la fin du XIXe siècle, notamment à travers les fameux écrits de Bram Stocker. Mais cette vague ne se limita pas au seul Dracula. Il y eut d’autres auteurs pour se pencher sur les légendes vampiriques, ou assimilées. Par exemple, pour ma part, je vois dans le Ligeia d’Edgar Allan Poe une des multiples interprétations de la créature vampirique… En matière de fantastique, je me sens plus d’affinités avec les écrivains de la fin XIXe (bien que je n’aie aucunement la prétention d’en partager le talent) qu’avec les auteurs contemporains.

L’histoire est très présente dans tes romans, tu as donc du faire un gros travail de recherche pour être parfois si précise. As-tu passé plus de temps à faire des recherches pour être au point qu’à écrire tes romans ?

Non, l’écriture en elle-même reste la partie la plus longue (enfin, pour le moment). Cependant, j’ai chaque fois passé plusieurs mois le nez plongé dans des ouvrages divers (6 mois pour la Floraison, environ 4 mois pour Trois épines). Cela ne compte pas les journées qui s’insèrent au beau milieu de la phase d’écriture, pour essayer de dénicher tel ou tel détail, ou de recouper certaines choses.
Pour le tome à venir, j’ai déjà effectué le plus gros des recherches, mais je n’ai pas terminé. Puis, il va me falloir en reprendre une bonne partie car les aléas de la vie m’ayant empêché de travailler depuis plusieurs mois (un an, en vérité), je vais devoir me rafraîchir la mémoire. Bien sûr, je prends des notes, cependant ce ne sont que des rappels. Pour mieux appréhender l’époque, il est préférable que je sois « dans l’ambiance ».

Petit détour sur les couvertures (des petites merveilles surtout la seconde je trouve), as-tu donné des indications (précises ou non) sur ce que tu voulais ou bien as-tu laissé Magali Villeneuve faire ce qu’elle ressentait ?


Question très intéressante ! En effet, les couvertures de la saga sont de véritables joyaux. Je mesure ma chance d’avoir pareille artiste à la réalisation ! Combien de fois ai-je entendu qu’untel ou unetelle était venu vers le livre grâce à ces superbes illustrations ? J’avais déjà conscience de l’importance dramatique d’une couverture bien avant d’envisager que ce livre serait un jour publié. Ce furent ces considérations qui me guidèrent lorsque mon éditeur m’a demandé si j’avais une indication pour la réalisation de la couverture de la Floraison.
J’en avais une, oui, mais je n’avais absolument pas l’intention de la formuler. Pourquoi ? Parce qu’être illustrateur cela ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de savoir peindre, il faut aussi savoir penser une couverture qui accrochera l’œil du passant tout en mettant sur le devant de la scène un élément issu de (et en adéquation avec) le livre. Car c’est bien cela le nerf de la guerre : amener le lecteur jusqu’au livre. Non pas fournir à l’auteur la représentation de ses rêves (quand bien même les illustrateurs se donnent beaucoup de mal pour satisfaire à ces deux exigences).

Magali Villeneuve et Alexandre Dainche, illustrateurs pour les éditions HSN, excellent dans l’art de transmettre à la fois une ambiance et un univers par le seul vecteur d’une couverture. Lorsque j’ai appris que Magali réaliserait la couverture de La Floraison, je n’avais rien besoin de savoir de plus. Je savais que sa « patte » se marierait très naturellement avec l’univers de Rose Morte. J’ai donc fait de mon mieux pour lui donner les informations dont elle avait besoin pour travailler, et ce fut tout. J’avais confiance. C’est son métier, elle l’exécute parfaitement. La dernière chose dont cette future couverture (et par ricochet, ce livre) avait besoin était que je mette mon grain de sel de profane…
La suite des événements a prouvé que la laisser gérer était bien la chose à faire, puisque je n’aurais pu imaginer illustration (et charte graphique) plus somptueuse que celle qui me fut proposée, ni plus en cohérence avec l’univers du roman, ou avec la psychologie du personnage représenté.
De surcroît, il s’est avéré que l’inspiration de Magali avait rejoint ma vision personnelle : une couverture, un personnage. Que pouvais-je demander de plus ?

Depuis, la couverture de Trois épines a vu le jour exactement selon la même façon de procéder, et à donner le même époustouflant résultat. Il en ira de même avec les couvertures suivantes, sans l’ombre d’un doute ^^ !

As-tu d’autres idées de romans qui germent dans ton esprit que tu aimerais développer ?

Oui, j’ai eu plusieurs idées de roman fantastique « one-shot » depuis que j’ai commencé la saga. Dont une qui me vint en regardant évoluer la blogosphère… On verra si j’ai l’opportunité de les développer. Je l’espère, évidemment, mais la route est encore longue et surtout très incertaine avant de pouvoir commencer à y songer.

Ta manière de travailler tes romans est-elle la même pour chaque tome ou bien travailles-tu de façon différente sur chaque tome ?

Je travaille rigoureusement de la même façon, quoique que j’écrive. C’est un processus plutôt ritualisé, je dois dire. C’est probablement pourquoi je ne peux pas écrire n’importe où, n’importe quand.

Quel personnage as-tu préféré créer dans Rose Morte ? Et celui qui te ressemble le plus ?

J’ai toujours un peu de mal à me dire que j’ai « créé » les personnages. Car pour aucun d’eux je n’ai appliqué de processus actif de création. Je ne me suis pas posée devant une feuille en me disant : « Bon alors… il me faut un personnage masculin… Quels traits de caractère serait-il bien qu’il ait ? ». Les personnages, tous autant qu’ils sont, me venus tel quel. J’irais même jusqu’à dire que j’ai appris (et apprend encore) à les connaître en narrant leurs aventures. J’ai évidemment une perception nette de ce qu’ils sont, ont été, et deviendront… mais ils ne cessent pourtant jamais de se révéler. C’est ce qui est si passionnant :)
C’est aussi pourquoi je n’ai pas de préférence. J’aime énormément, et de façon égale, les quatre personnages principaux.

Néanmoins… je dois admettre que j’ai un « chouchou » parmi ce quatuor. Un personnage  qui, sans m’être plus cher que les trois autres, m’amène au cœur un petit pincement supplémentaire. Sans doute car c’est de lui que je me sens le plus proche. Ce personnage, c’est le prince Vassili Golitsyne.

Quant à celui qui me ressemble le plus… Question délicate. Il y a un peu de moi dans tous ces êtres chimériques, il me semble. Toutefois, je suppose que celui qui me ressemblerait le plus serait lady Rose. Ce qui ne signifie pourtant pas que je m’identifie à elle (cf. ci-dessus).

Quand t’es-tu décidée à partager ton écriture avec des lecteurs et donc à envoyer ton manuscrit à des maisons d’éditions?

Les deux sont venus simultanément. Je vous épargne le couplet sur le thème « j’ai toujours eu envie d’écrire », il a beau être vrai, il n’en serait pas moins redondant. Le fait est qu’à un moment donné, ma vie à pris un tournant majeur et m’a présenté l’opportunité de tenter l’aventure. Je me suis donc lancée dans l’écriture de ce qui se révéla rapidement être une saga… J’ai poursuivi sans réellement savoir si j’allais ou non essayer d’être éditée, ne sachant pas ce que vaudrait le texte au final. Cependant, cela ne m’a pas empêchée de travailler comme si j’allais bel et bien le présenter ; c’est-à-dire avec le plus grand sérieux.
Je suis très exigeante envers moi-même, c’est aussi pourquoi j’ai besoin de beaucoup de temps pour travailler. Je suis pointilleuse (perfectionniste, disent mes proches ^^’). Il m’a fallu un an et demi pour écrire le premier tome. À ce stade, j’estimai avoir un texte présentable. Puis, mon époux m’avait convaincue de me lancer. J’ai donc envoyé le manuscrit à des amis pour une première lecture, et ai commencé dans le même temps à préparer un manuscrit pour envoi à diverses maisons d’édition.

Si tes livres étaient une (ou plusieurs) musique(s), quelle(s) serai(en)t-elle(s) ?

De nombreux titres sont liés à mon univers, et à mes personnages. Je vais retenir tâcher de seulement deux musiques qui, selon moi, résumeraient au mieux l’esprit de chacun des tomes :

Pour La Floraison, je dirais La Serenissima de Rondo Veneziano, ainsi que Je te rends ton amour de Mylène Farmer.

Pour Trois épines, les titres qui selon moi le représenteraient le mieux seraient Burn It Down de Linkin Park, et J’en rêve encore de Gerald De Palmas.

Et pour Flétrissures, le tome en cours d’écriture ((tadaaaaam ! exclu ^^ !), ce serait Furious Angel de Rob Dougan, ainsi que Behind the Wheel de Depeche Mode.

Es-tu plus stressée pour la sortie de la suite de ta saga que pour le premier tome ?

Considérablement plus. Probablement car il s’est écoulé une année complète entre l’achèvement de l’écriture de ce tome et sa parution. C’est un très long délai, que j’ai passé dans d’assez désagréables conditions. Lesquelles conditions m’ont de surcroît empêchée de me consacrer à l’écriture du tome trois. L’attente s’est donc effectuée sans pouvoir bénéficier du halo de paix et de rêverie que procure l’écriture du livre suivant. Rigoureusement tout a concouru pour que l’attente soit pénible, et la sortie de ce second tome angoissante.

Je croise les doigts pour que désormais tout se passe bien, et n’aie plus qu’une hâte : avoir enfin la latitude de me plonger corps et âme dans le tome suivant, pour oublier un peu tout ce stress ^^’

As-tu été surprise de ce que pensent les lecteurs de tes deux tomes parus ? Quelles ont été les réactions qui t’ont le plus touchées ?

Se lancer dans l’aventure littéraire est un tel parcours du combattant que je suis toujours surprise des témoignages enthousiasmés qui peuvent me parvenir. Ce pourquoi il m’est difficile de faire un choix parmi eux pour désigner les plus émouvants, car tous le sont à mes yeux.
Mais s’il me faut vraiment me prononcer, je dirais qu’apprendre que les mots que l’on a écrits ont placé des larmes d’une sincère émotion dans les yeux d’un lecteur est un instant d’une grande intensité. Aussi, le fait d’entendre parler des personnages qui sont nés sous votre plume avec une vraie passion, ou bien encore constater que ce que vous avez essayer de faire passer a en effet été compris, sont des moments particulièrement beaux.

Excepté le plaisir de la lecture, qu’aimerais-tu que le lecteur retienne de ton livre ?

Que les relations humaines sont aussi primordiales qu’extrêmement compliquées. Pour essayer de comprendre ceux qui nous entourent, et a fortiori les gens qui comptent pour nous, il faut à minima être capable de beaucoup d’attention.
C’est ce que j’aimerais que les gens retiennent : soyez attentif à ce(ux) qui vous entoure(nt).

Y a-t-il des personnes dont le soutien a été particulièrement marquant dans ton parcours ?

Oui, plusieurs, en fait. La première personne est mon mari. S’il n’avait pas cru en ce projet, je ne me serais pas lancée. Depuis, son regard avisé et sa perception très fine de ce que j’essaye de faire passer dans ces romans est un grand soutien, dont je ne saurais me passer une seconde.

L’autre personne dont l’aval fut déterminant pour moi est ma tante. Elle est professeure de français, est très expérimentée en plus d’être excellente pédagogue. Je la sais également fort exigeante en matière de Lettres. Recevoir sa bénédiction fut pour moi un grand moment. Sans parler du temps qu’elle m’a consacré en acceptant de me relire, en dépit de son planning surchargé.

Puis, avec le début de l’aventure éditoriale, j’ai eu la chance de rencontrer Magali. Une femme véritablement exceptionnelle, « particulièrement marquante » pour moi, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel.

J’ai également fait la connaissance de Laetitia. Un monument de gentillesse, d’altruisme, dont l’enthousiasme débordant, la générosité et le soutien infaillible ont été un vrai bol d’air au fil des mois écoulés.

Pour tout dire, je n’envisage pas la suite des événements sans ces regards bienveillants au-dessus de mon épaule :)

Es-tu une grande lectrice ? Quel genre de livre lis-tu ?

J’étais une grande lectrice. Je n’en ai plus le temps. Hormis les livres que je parcours pour l’élaboration du contexte historique de la saga, je n’ai presque pas l’opportunité de lire pour le plaisir, à mon grand désarroi. J’ai pourtant des livres empilés sur ma table de chevet ^^’ !

Sinon, je suis susceptible de m’intéresser à n’importe quel ouvrage pour peu que son thème m’accroche. Je lis plus volontiers du fantastique, qui est mon genre de prédilection, mais la littérature de l’imaginaire dans son ensemble m’attire. J’ai un peu plus de mal avec la Science-fiction, toutefois. J’en ai lu, mais peu.
Je lis aussi des romans policiers (en ce domaine, mon auteur fétiche est Agatha Christie, de qui j’ai lu une trentaine de titres), ainsi que des biographies ou autobiographies.

Qu’est ce qui te plait le plus dans les rencontres avec tes lecteurs ? Et que t’apportent-elles ?

Rencontrer ses lecteurs en salon est une expérience vraiment particulière, et captivante. Il y a du merveilleux à s’entendre dire que l’on est venu vous voir, vous, parce que l’histoire que vous avez narré a su toucher. C’est immense, magique, et extrêmement émouvant. Et ce rigoureusement à chaque fois, car chaque rencontre est unique ; qu’elle se fasse en salon, ou de façon plus immatérielle, tel que par le biais d’internet.

Il est bien sûr des rencontres plus marquantes que d’autres. Je songe notamment à Marion, à Victoria, Marie et Audrey, à « Elisabeth » et Vanessa, à Lydie et Élodie, à Isabelle…
Cela peut sembler beaucoup de noms, mais pourtant le fait est que j’ai eu le bonheur de faire la connaissance des personnes charmantes, dont les chaleureux témoignages m’ont beaucoup touchée.

Quelles sont tes prochaines rencontres avec tes lecteurs ?

Je n’ai pas la possibilité de me déplacer beaucoup, malheureusement. Pour le moment, rien n’est prévu avant les lointaines Imaginales 2014.
Si d’autres salons ou séances de dédicace se présentaient d’ici là, je le ferai savoir via la page facebook et le blog de la saga :)

Quel est ton mot préféré ? (je sais c’est bizarre comme question mais je l’ai entendu dans la grande librairie et elle m’avait interpelée)

Non, non, c’est très bien senti au contraire ! Voyons... je dirais : empathie.
Parce que d’une manière générale, la société manque beaucoup trop d’empathie. Face à une situation donnée (et ce quelque soit la manière dont est présentée cette situation), on a tendance à poser sur les choses un regard froid, impersonnel, dépourvu de toute dimension affective. On ne se projette pas dans la réalité de l’autre, acteur de cette scène que l’on contemple. On ne réfléchit pas à ce que cet autre ressent, ou à ce qu’il a fait, vu, enduré, avant d’en arriver à cette situation. On ne se demande pas comment ce qu’il traverse va impacter sa vie. On évacue totalement le contexte matériel et psychologique pour ne retenir qu’une vision si indifférente qu’elle en devient quasiment  sociopathe (ce qui est tout de même un comble).

Il est de coutume de prétendre que l’homme est « un animal social ». Eh bien, j’ai comme l’impression qu’il serait grand temps qu’il s’en souvienne…
                                                                    
Quelle question qui ne t’a jamais été demandée aimerais-tu qu’on te pose ? Répond à cette question.

J’ai cherché, mais rien ne m’est venu. Peut-être parce que cette interview est déjà complète ! J’ai passé un très bon moment en y répondant. Merci beaucoup :)

Quels sont tes projets à venir concernant ta saga ou d’autres écrits ?

Je caresse l’idée d’un spin-off ou deux ; dont un qui s’attacherait notamment aux pas d’Adelphe…

Je verrais bien aussi la saga s’étendre très légèrement, ce qui me permettrait de mener l’histoire jusqu’au point au-delà duquel je n’aurais probablement rien à ajouter.

Je ne saurais dire lesquelles de ces idées seront concrétisées, à terme. J’espère de tout cœur qu’elles le seront toutes, bien entendu, mais seul l’avenir dira si cette saga aura ou non le privilège d’avoir assez de lecteurs enthousiastes pour lui permettre d’aller aussi loin ^^’ !


Merci à toi Céline d'avoir pris le temps de répondre aux questions. Et pour ceux qui n'ont pas encore lu, foncez vous procurer le premier tome par (et par la même occasion découvrir les autres titres de cette maison d'éditions).  


4 commentaires:

Elodie a dit…

tant que je l'aurai pas lu tu me tenteras hein ! lol
une jolie interview en tout cas :)

Lilou a dit…

C'est ça je lâcherais pas mon morceau lol
:)

Cali a dit…

rien que de lire cette interview me replonge dans les émotions de la lecture des deux tomes.
Bordel de merde, ce que je peux aimer Céline de tout mon petit coeur <3

Merci pour cette interview partagée Lydie :)

Cali

Lilou a dit…

C'est ce que je lui ai dis aussi, en lisant son interview j'avais l'impression de lire Rose Morte :)

Enregistrer un commentaire

About